Myriam SADUIS

autrice et metteure en scène

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© Marie-Françoise Plissart

Psychanalyste, autrice, metteuse en scène, elle se révèle également actrice. Myriam Saduis obtient, avec “Final cut”, le Prix Maeterlinck du meilleur spectacle et celui de la meilleure comédienne.

Son travail théâtral passait jusque-là à travers des auteurs (Bergman pour Affaire d’âme , Tchekhov avec La Nostalgie de l’avenir , très belle relecture de La Mouette , ou encore Hannah Arendt dans Amor Mundi ), voix et verbe toujours retravaillés avec un mélange de finesse et d’ampleur. C’est ici sa propre voix, son propre récit que porte Myriam Saduis. Entre autobiographie et psychanalyse (dont elle a une connaissance de praticienne), Final Cut se présente à la fois comme une réflexion englobant les remous du XXe siècle, les questions de la construction identitaire, du métissage et de la décolonisation, et comme un thriller plein de rebondissements. Où l’on croise la folie, la fragilité, la quête de soi, l’adolescence rebelle, les Parapluies de Cherbourg et Barbara, Racine et Marguerite Duras. Et La Mouette, dans un salut aussi brillant que subtil au théâtre, lieu des énigmes et des résolutions, de la révolte et de la tendresse.

« J’aurais pu disparaître. Mais j’ai conquis le final cut […] et dès lors je raconterai cette histoire non pas le malheur, non ! dont je fais une déconstruction, un montage, une fiction plus vraie que vraie », écrit-elle à propos de Final Cut, créé en 2018 au Théâtre Océan Nord, avec le soutien d’Isabelle Pousseur, et couronné meilleur spectacle de la saison écoulée. Une histoire, la sienne, qui révèle les failles et les secrets de sa venue au monde, fille d’une mère paranoïaque, « au sens clinique du terme », et d’un père effacé par l’intégration ambiguë de l’histoire du XXe siècle dans le schéma familial. Jusqu’à son patronyme, Saâdaoui, francisé en Saduis.

Française, née en 1961 (« en pleine décolonisation », ce qui dans son récit revêt une importance certaine), Myriam Saduis fait des stages au Théâtre du Soleil, auprès d’Ariane Mnouchkine – rencontre déterminante – avant de s’inscrire à l’Insas, à Bruxelles. Comédienne au début des années 1990 (dans Musset chez Sireuil ou Shakespeare chez Dezoteux), elle se tournera plus tard vers la mise en scène. En parallèle et dans l’intervalle, elle se forme à la clinique psychanalytique et travaille pendant quinze ans en milieu psychiatrique, en menant notamment des ateliers théâtre avec des personnes en difficulté.

Ayant obtenu en 2004 les droits d’Affaire d’âme, scénario d’Ingmar Bergman resté inédit, elle y voit « la chambre intérieure où une femme essaie de reconstruire ce qui a eu lieu, sous forme de fiction », tout en relevant le défi de la forme – « Il fallait changer de focale » – et du sens à trouver au-delà de la douleur, ce sujet vertigineux. « Il y a des mots qui, pour Myriam Saduis, ne bordent pas la souffrance, mais malgré tout on crée, à travers cela et avec cela. »

Fin 2008 éclot « Final Cut », un spectacle que couronnera en 2009 le prix de la critique de la meilleure découverte.

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