Au-delà des mots

pour les enseignants à partir des écritures du réel


2021

formation octobre 2015

Depuis maintenant plus de 15 ans, je dirige le Théâtre La Cité : une fabrique à l’épreuve du réel, un espace de récits communs. C’est depuis ce théâtre, que nous avons lancé en 2012, la Biennale des écritures du réel qui est aujourd’hui une manifestation reconnue nationalement et au-delà de ces frontières.

Au Théâtre La Cité, nous travaillons principalement sur ces écritures qui interrogent nos réalités. Les artistes que j’accompagne puissent leurs sujets dans l’actualité et les tremblements de notre époque. Ils mettent en lumière, questionnent l’endroit d’où ils parlent et traduisent ce qui les traverse eux et le sujet qu’ils explorent et comment cela les transforme et réciproquement.

Cette écriture, d’abord de terrain, de rencontre, s’invente dans un aller-retour avec l’extérieur et le plateau. Qu’ils s’agissent d’un travail d’enquête, de témoignage à partir d’archives où d’une expérience vécue, d’une recherche autobiographique sur l’histoire de sa famille ou l’histoire d’une autre personne ; ces écritures abordent toujours dans leur épaisseur la question de la relation, la question « de mon moi à l’autre » et « de l’autre à mon moi ».

Je travaille très souvent à la mise en scène qui fouille la question de la relation :
-entre mon frère, mon père et moi : Rue des Muguets (2005, Théâtre de Lenche).
-celle d’enfants en échec scolaire avec le poète et pédagogue Patrick Laupin : L’alphabet des oubliés (2012, Théâtre Joliette-Minoterie),
-d’enseignants et d’élèves dans un collège sensible Jusqu’ici tout va bien (2013, Collège Henri Vallon et 2014, Friche la Belle de Mai),
-celle d’un groupe de musiciens Roms et de deux amis enseignants qui voulaient les aider : Chakaraka (2014, Friche la Belle de Mai),
-ou encore la relation que l’on a son travail et qui parfois peut nous conduire vers un état de sidération : To burn or not ? (2016, Docks des Suds),
-la relation à sa religion et la rencontre entre un jeune musulman et un islamologue spécialiste du Coran : Ne laisse personne te voler les mots (2017-2019, Scènes nationales de Tarbes et de Sète, et tournée nationale dans les collèges et lycées).

Je travaille actuellement sur deux créations qui verront le jour en mars 2022 :
Cosmo, c’est pas moi qui fais tomber la pluie, l’histoire d’une relation d’une jeune auteure avec son chien,
Pluie, vapeur, vitesse qui questionne la relation entre migrations et climat avec le géopolitologue François Gemenne.

Ces différentes expériences de créations, pour ne pas toutes les citer ici, m’ont amené à mieux comprendre et toucher la singularité et les enjeux de la démarche qu’impulsent les écritures du réel. Je me souviens très bien, lorsque je travaillais au collège Henri Vallon sur ma création Jusqu’ ici tout va bien, de la parole d’un jeune, Malik, qui me disait : « J’aimerais quelle commence par moi, l’histoire des autres que j’apprendrai ». Cette perception vécue et qui remonte à la surface, cette pensée de ce jeune collégien, nourrit aujourd’hui tout mon travail. La nécessité de partir de soi pour aller vers les autres : « se voir et voir le monde avec les yeux des autres » oriente tout mon travail.
C’est cette construction triangulaire où l’artiste, l’enseignant et l’élève, partagent un processus commun et inclusif que je propose dans cette formation.

– Michel André

Formation FJP – DAAC

« Groupe apprenant » à l’initiative du Rectorat de Nice et du Forum Jacques Prévert de Carros

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