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trois cent soixante cinq

Une exposition de Raphaël Arnaud - chronique photographique 2017-2021 à Marseille

La mémoire est un tamis qui retient peu de choses. Année après année, le constat a un parfum un peu amer, les souvenirs nous échappent implacablement. Et vouloir réunir ceux qui manquent peut devenir une frustration infinie. Pour retenir le passé certains écrivent, et l’écriture est reine pour fixer les mémoires. Mais les mots ne se laissent pas dompter aisément par tous. Pour ma part, en place de ces mots qui ne viennent pas, ce sera une photo par jour, sur du film noir et blanc, au format paysage.

Au début, 365 n’était pas réellement un projet, cela ne l’est pas vraiment devenu depuis. En plus de la volonté de conserver une image quotidienne et de référencer le présent, il y avait une nécessité impérieuse de pratiquer la photographie. Avec pour corolaire une difficulté importante, savoir renouveler le geste photographique jour après jour, sans se lasser, et sans tomber dans le travers de la répétition. Et rester ouvert aux accidents de parcours, délicieuses surprises.

Cette série est une construction permanente et protéiforme. Elle contient par essence une part d’éléments autobiographiques, documentaires, marginaux. Conditionnée par le quotidien et sa répétitivité, mais aussi ses moments précieux, elle n’obéit pas à une volonté esthétique précise. Pourtant, cinq années après avoir commencé, une réelle unité a émergé. Certaines choses se sont montrées pérennes, d’autres accusent la trace du temps. Des lieux ont changé, des personnes ont disparu, d’autres sont nées. Et ces fils apparus dans la trame racontent ensemble un minuscule morceau d’histoire.