Extreme / Malecane

lauréat de l'appel à projet Le réel enjeu #2


2018-2019

CITE RESIDENCE EXTREME MALECANE

© Paolo Marchetti

EXTREME/MALECANE est le deuxième volet d’un «triptyque» qui désire tracer une série de portraits scéniques autour du rapport entre nouvelles générations et questions qui résonnent dans le présent.
La première pièce de ce « tryptique », c[ RISE ], naît d’une enquête autour des déclinaisons du mot « crise » auprès de 25 jeunes entre 18 et 25 ans venant de différents coins d’Europe, mais aussi de la Russie et de la Chine. Durant ce premier travail d’interviews une des inquiétudes qui est revenue le plus souvent parmi les jeunes rencontrés pourrait être résumé ainsi : « Vers où allons-nous dans ce climat de profusion de politiques identitaires et xénophobes ? ». Selon l’anthropologue Andre Gingrich dans la dynamique de crise du système mondial une perte des références s’est produite. Et certains mouvements intégristes, en exploitant les peurs produites d’une telle crise de sens, encouragent des formes exclusives d’appartenance.

La peur instrumentalisée par les mouvements intégristes s’articule autour de deux éléments : le nous et les autres. Le nous comme une communauté liée à un espace géographique délimitée par des frontières: la nation. Les autres comme les migrants, les envahisseurs qui peuvent porter à la
contamination, à la perte de l’homogénéité interne…
Le premier volet, c[RISE] , se termine avec un moment dans ce sens emblématique. Haini Wang, jeune comédienne chinoise, en s’adressant aux spectateurs dit : « Pour moi l e pays est comme une famille, c’est une famille. Et la nation est comme un parent… Mais je me demande : pourquoi pour vous la nation n’est-elle pas une famille? ». Ce moment est suivi par une chanson pop « jaune » de Nicolas Tse ( choisie et chantée par Haini), dans laquelle la gloire et le courage du peuple chinois sont célébrés à travers des refrains rap qui n’ont rien à envier à NTM.
Dans ce cas l’autre (Haini Wang) devient la clé du déplacement des spectateurs. Ses paroles provoquent une torsion du regard capable de nous interroger (en tant que public européen) à propos de ce que ça veut dire nous : s’agit-il d’un nous identitaire ? D’un nous communautaire ? Et qu’est-ce qu’une nation ? Autrement dit, qu’est-ce qui nous fédère ?
C’est autour de ce ce mouvement que naît EXTREME/MALECANE, un voyage-enquête dans quatre pays européens à la rencontre des jeunes militants néo-nationalistes. Avec le désir, à nouveau, de me laisser déplacer par le sujet que j’explorerai. Mais avec la tâche de tenter de comprendre un autre avec qui je ne partage aucun valeur ni aucune perspective. Une tâche loin d’être évidente pour une personne qui, comme moi, a grandi dans un milieu profondément antifasciste.
J’écris ces mots au lendemain des élections politiques en Italie, qui ont confirmé un succès sans précédents des partis néo-nationalistes et populistes.
Ce qui me touche me requiert.
– Paola Pisciottano

Paola PISCIOTTANO [mise en scène] est née en 1990 en Italie. Elle étudie la Philosophie à l’université Bologne (Italie) où elle obtient son Master en 2011 avec un mémoire sur la pensée de Wittgenstein. En 2012, elle s’installe à Bruxelles pour étudier la mise en scène (INSAS). Dans ce cadre, elle
réalise Rumba de sanghe (2013) documentaire radio né de la rencontre avec les ouvriers des Abattoirs d’Anderlecht ; H#1/ Nulla è più difficile da sopportare di una serie di giorni felici (2015), performance sur Barbie, Ken, l’Ancien Testament et la notion de joie. Parallèlement, depuis 2013,
elle s’intéresse à la création radiophonique et à l’intervention sonore et elle suit des formations avec l’ACSR (Atelier de Création sonore radiophonique). Elle crée la bande son pour Villa Dolorosa (2015), spectacle des élèves en dernière année à l’INSAS sous la direction d’Armel Roussel (Théâtre de Poche, Bruxelles). Depuis 2015, elle a travaillé en tant que régisseuse son pour le collectif Une Tribù ( La course ), Lazare Gousseau
( Calderón ), Harold Henning ( L’oeil nu ) , Erika Zueneli ( Vai e passa ; Allein! ) et en tant que créatrice sonore pour Cécile Hupin ( Pauvre Alain, The moment you doubt ), Ubay Martin ( Last time i saw you it was at school )et Isabelle Pousseur ( Last exit to Brooklyn/Coda ).

Debora BINCI [comédienne] est née en Italie en 1989. Elle étudie Disciplines des arts, de la musique et du spectacle et ensuite Coopération avec les Pays Orientaux et de la Méditerranée pour la préservation des biens ethniques et culturelles à l’Université de Bologne (Italie) où elle obtient son master en 2015.
Elle étudie interprétation dramatique avec des artistes tels que Claudio Morganti, Massimiliano Civica, Scimone e Sframeli, Oscar De Summa, Mamadou Dioume, Mario Perrotta, Armando Punzo, Beatrice Sarti (chant et techniques de la voix), Gary Breckett, Claude Coldy. En 2012, elle commence à travailler avec la compagnie Respirale Teatro (Distinction Spéciale en occasion du Premio Scenario 2011, Premio Scintille 2014 ).
En 2014, elle travaille avec le metteur en scène Oscar De Summa ( Romeo/ Giulietta – primo studio ).
Depuis 2015, elle donne des ateliers de théâtre pour amateurs et elle est directrice artistique du festival Ai300 scalini à Bologne (Italie).

Aurélien VANDENBEYVANGHE [comédien] est né en 1988 en France. Diplômé de l’INSAS en 2015 en interprétation dramatique, Aurélien se plaît à jouer avec plusieurs domaines artistiques : le dessin, le jeu, la mise en scène. Il s’affaire en ce moment à l’écriture d’un court métrage. Touche à tout, il produit aussi de la poésie. Un de ces poèmes a notamment été récompensé lors du concours Jeunes poètes nationaux 2016 au théâtre Poème 2 . Pour se diversifier, il travail en tant qu’animateur à la ville de Bruxelles. Il est aussi un des créateurs/acteurs du collectif STAFFSTUFF dont les deux
expositions se sont déroulé à la Tricoterie (Bruxelles) et du collectif Les Gatrosophes qui travaille à Bruxelles à un projet de restaurant “suspendu ».

Facebooktwittergoogle_plusmail